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Jacques MUNIGA  -  Docteur en Géographie

Sommaire

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Croquis et Schémas de  géographie

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Jacques MUNIGA

Docteur en Géographie, aménagement et urbanisme

Docteur de 3e cycle en géographie et aménagement

D.E.S.S. en droit de l'urbanisme

D.E.S.S. en Aménagement rural

Diplômé ICH - Arts et Métiers Paris

Auteur et co-Auteur de manuels scolaires (chez MAGNARD, NATHAN, HACHETTE, LE LIVRE SCOLAIRE)


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Séquence Bac,

Guillaume Jacono, Caroline Loock-Herztog, Bertrand Pleven, Editions Bréal, 2008, 255 pages

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Compte rendu de Jacques MUNIGA


Il était une fois le baccalauréat… et son lot « d'accessoires » pour mieux réussir ou tout simplement réussir. Après les célèbres annabacs, qui ont marqué toute une génération, les éditeurs ont lancé sur le marché des « livrets » afin de permettre à l'élève de voir ou de revoir les cours et même, depuis peu, pour se préparer aux épreuves. C'est dans cette logique « d'aide » que Bréal nous propose dans la série « Séquence BAC », un livret qualifié de « Tout-en-un ».

Un « Tout-en-un » (en réalité un 3 en 1) qui laisse quelque peu perplexe tant cette appellation est proche des produits d'hygiène prétendant tout faire…

Mais, dès la lecture de l'avant-propos que fort peu de candidats au bac liront, le ton est au sérieux. En effet, les auteurs soulignent que l'horizon de la géographie c'est « de comprendre le monde qui nous entoure ». Or, poursuivent-ils, pour comprendre ce monde, il faut avoir « la capacité de s'interroger géographiquement ». Ce qui permet de comprendre que « le monde n'est plus cette juxtaposition de lieux localisés au hasard, mais est composé d'espaces dont certaines logiques d'organisation apparaissent ». Et, d'après les auteurs, « ce sont ces éléments que compte […] apporter l'ouvrage ».

Tout un programme en somme qu'ils ont souhaité réunir dans un outil « Tout-en-un ». Signalons toutefois que cet ouvrage s'adresse aux trois séries L, ES et S sans qu'il soit fait mention des différences dans les programmes. Ainsi, un élève « étourdi » qui veut bien faire, va-t-il s'atteler à travailler l'Europe rhénane alors qu'il est en section S !

L'ouvrage est divisé en trois parties inégales :

La première partie intitulée « Cours » couvre un peu plus de la moitié de l'ouvrage,

La deuxième partie intitulée « Préparation aux épreuves » représente environ le tiers de l'ouvrage,

Enfin, la troisième partie intitulée « les outils du géographe » correspond à moins de 15% de l'ouvrage.

A première vue, cet ouvrage est avant tout un condensé des leçons du manuel pour élève paru chez le même éditeur « Géographie Tle L, ES, S » 2008, 359 pages. Mais il est aussi un complément pour sa partie préparation aux épreuves car les sujets proposés ne sont pas identiques à ceux présentés dans le manuel élève.

Première partie de l'ouvrage les « Cours »

Cette première partie est subdivisée en trois parties correspondant au programme imposé à savoir :

1)Un espace mondialisé

2)Les trois grandes aires de puissance dans le monde

3)Des mondes en quête de développement

Chaque sous-partie comprend un nombre variable de leçons calqué sur les programmes officiels, nommées « séquence ». Toutes les séquences sont construites selon une trame unique.

Les séquences s'ouvrent sur une double page. A gauche, sous une rubrique intitulée « le cours en perspective », nous avons un « genre » de résumé très concis et très pertinent qui permet aux auteurs, en quelques lignes, de présenter la question. De plus, les auteurs ont mis en évidence les points forts en mettant les mots ou expressions en gras. Mais, on peut regretter que ceci n'ait été fait que pour deux séquences sur douze que compte l'ouvrage.

On notera par ailleurs que ces « cours en perspective » sont de qualité variable. Ainsi peut-on lire page 114 pour la séquence sur l'espace méditerranéen : « Cette discontinuité physique et liquide qu'est la Méditerranée […] » !

Et, sur la même page de gauche, sous la rubrique « le cours en perspective », le lecteur trouvera une série de définitions qui se rapportent au vocabulaire utilisé dans cette partie de la leçon. Bien que le principe ne soit pas révolutionnaire puisque tous les manuels d'élève (ou presque tous) l'utilisent aujourd'hui, il faut néanmoins saluer l'initiative de Bréal qui reste, pour l'heure, le seul complément du Bac à le proposer.

Enfin, sur la page de droite, un croquis de géographie qui représente non seulement un intérêt évident mais qui donne à cet ouvrage sa véritable dimension géographique. A priori, cela paraît logique et pourtant, en allant faire un petit tour…

Des croquis de géographie et non des cartes de géographie. L'accent est donc mis sur la pédagogie. Ces croquis sont de véritables croquis et non pas simples illustrations et pourtant…

Ces croquis sont pour la plupart (pratiquement tous) d'une qualité graphique déplorable avec notamment des prédominances de la couleur rose « Barbie » et de l'utilisation abusive de la couleur bleue.

Ainsi, page 13 (déjà !) un croquis intitulé « les espaces moteurs de la mondialisation » décline-t-il la triade, les Centres secondaires, les pays émergents, les pays pétroliers et les périphéries pauvres avec les figurés de surfaces suivants : (respectivement) rouge, rose Barbie, jaune paille, hachure grise sur fond blanc et couleur blanche. Première critique, les périphéries pauvres sont représentées avec la couleur blanche (qui en principe veut dire absence de données !) ; les pays pétroliers avec des hachures grises sur fond blanc. Pour un élève lambda, l'Arabie Saoudite est donc un pays pétrolier (hachures) faisant partie de la périphérie pauvre puisque le fond est blanc ! Deuxième critique, le rouge, le rose Barbie et le jaune paille ne traduisent pas réellement une hiérarchie. C'est dommage !

Mais il y a pire en matière de graphisme. Le croquis intitulé « la Méditerranée, interface entre Nord et Sud » page 115 est bien construit. Malheureusement, là encore, le choix des couleurs et leurs applications sont catastrophiques. Dans la première partie de la légende « des contrastes de richesse et de développement marqués », les auteurs ont proposés un dégradé du rouge au jaune pâle pour les valeurs de l'IDH ce qui ne peut pas être critiqué. En revanche, le rendu sur le croquis lui-même ne correspond absolument pas à ces coloris. Le rouge devient un mauve foncé, l'orange devient un marron clair. Quant aux coloris des flèches et des figurés ponctuels qui se déclinent en bleu clair, en rose Barbie (encore !) et en gris clair, ils ne se détachent pas du fond. Il faut, pour les voir, véritablement mettre le nez sur le croquis ce qui est contraire à notre enseignement.

Et encore, l'abus de la couleur bleue alors qu'elle ne se justifie nullement au contraire, jugeons-en :

 Page 23, les grandes aires de civilisation, 4 couleurs, du bleu pour les pays de langue française…

 Page 30, les grandes associations régionales à vocation économique, figurés de surface, du bleu pour l'Union européenne…

 Page 43, l'organisation de l'espace américain, des flèches bleues pour les flux démographiques internes…

 Page 55, les disparités spatiales d'un pôle de la Triade, du bleu pour les périphéries dynamiques…

 Page 75, l'Asie orientale : une aire de puissance, du bleu pour les NPI ou pays ateliers… Un chanteur français chantait « les gens du Nord ont dans leurs yeux le bleu qu'ils n'ont pas dehors… »

Malgré la critique du graphisme de ces croquis présentés en page introductive de chaque séquence, il faut toutefois insister sur leur intérêt et leur pertinence quant à la construction « géographique ». La question sera néanmoins de savoir comment l'élève lambda saura faire la part des choses... Parce que cet ouvrage, en principe, est destiné aux élèves et pas aux enseignants.

Et après cette double page introductive qui se répète tout au long des douze séquences avec toujours les mêmes qualités mais aussi avec les mêmes défauts, nous avons sur 4 à 6 pages en moyenne, un condensé du cours.

Il s'agit d'un cours structuré avec titres et sous-titres mis en évidence, avec des passages en gras pour les faire ressortir et en surlignant les mots que nous avons trouvé dans la partie définition de la double page introductive. De temps à autre, le texte est entrecoupé de « zoom ». Ce sont de petits encarts qui permettent d'éclaircir certains points. Leur rédaction est probablement due aux auteurs eux-mêmes puisqu'aucune source n'est mentionnée. Il sont globalement peu nombreux et ne présentent pas un intérêt majeur.

Puis, le cours s'achève sur la présentation d'un document (une photo) avec son commentaire avant de proposer sur une double page, deux cartes traditionnelles qui illustrent le cours.

En conclusion de cette première partie, hormis le désagrément du graphisme des croquis, le reste est assez convainquant : simple et concis.

Deuxième partie de l'ouvrage « Préparation aux épreuves »

Les auteurs présentent en tout 18 sujets : 12 sont des croquis, 4 des compositions et 2 seulement des études de documents.

La part belle a donc été faite aux croquis de géographie.

a)Les croquis de géographie

Les sujets de croquis suivent là aussi une trame répétitive. Sur la page de gauche, la méthode est divisée en trois parties :

1)Analyser les termes du sujet,

2)Définir le cadre spatial et la problématique,

3)Organiser la légende et réaliser le croquis.

L'analyse des termes du sujet est souvent expéditive. Elle n'invite pas l'élève à réfléchir. Quant à la problématique, elle est énoncée de manière brutale sans explication aucune. Enfin, l'invitation à organiser la légende et à réaliser le croquis est très variable d'un sujet à l'autre. Elle peut être constructive avec quelques directives amenant l'élève à réfléchir ou être également très brutale : voilà le plan à respecter…

Et pour 3 croquis, il y a un point méthode certes intéressant, mais que les auteurs n'ont pas respecté dans la partie cours à savoir :

 Page 144, utiliser un camaïeu de couleur, visuellement le dégradé rouge/orange/jaune est conseillé pour rendre compte d'une relation centre-périphérie et pourtant, page 55 le centre est rouge (bien) la première périphérie est marron clair et la deuxième périphérie bleue !

 Page 154 on lit : « le bleu est réservé aux ports et à l'interface maritime ». Très bien mais que dire de tous les croquis relatés ci-dessus qui utilisent le bleu le manière abusive !

S'agissant avant tout d'un ouvrage destiné à des élèves, il faudrait éviter de se fourvoyer inutilement.

Quant aux croquis présentés, qui sont la réponse au sujet, ils n'ont pas les mêmes défauts de graphisme que ceux présentés en partie cours. Ils sont très souvent de bonne construction bien que les auteurs n'aient pas pris en compte que le croquis du baccalauréat était réalisé à la main, avec les moyens du bord. Comment, page 155, reproduire un petit avion blanc dans un losange mauve pour localiser les aéroports internationaux ? Il faut avant tout simplifier la vie à l'élève qui cherche souvent à reproduire faute de lui avoir donné les moyens de produire !

b)les études de documents

Elles sont au nombre de deux seulement. Elles sont de type bac, 5 documents, des questions et une synthèse obligatoire. Les deux sujets ne sont pas traités également. Le premier apporte une méthodologie pour répondre aux questions en s'appuyant sur les documents, le deuxième est moins « fourni » sur ce plan.

Pour la synthèse, le premier sujet prend appui sur une problématique annoncée sans explications et faisant apparaître une relation entre les réponses aux questions et le plan. Quant au deuxième sujet, les auteurs annoncent également la problématique retenue puis égrènent un plan en 3 parties en mentionnant les documents.

En conclusion, les études de documents ne permettent pas véritablement à l'élève d'en tirer un grand profit d'autant que la double page consacrée à la présentation générale de la méthodologie n'apporte rien.

c)La composition

Quatre sujets sont proposés. Deux sont présentés sans schémas géographiques associés, les autres en disposent. Comment sont-ils abordés ? Toujours selon une trame unique à savoir :

1)Analyser les termes du sujet

2)Définir le cadre spatial et la problématique

3)Bâtir le plan

4)Présentation de « morceaux » de composition (introduction, conclusion, partie de développement)

La démarche est logique. En revanche, pour deux sujets au moins (les deux premiers), la problématique est plus que discutable d'autant qu'il n'est jamais expliqué comment les auteurs (ou l'élève) ont procédé.

Pour le reste, le plan détaillé est donné sans aucune explication. Pourquoi ainsi ? Quant aux parties rédigées, il est dommage que les auteurs n'aient pas suivi la présentation faite dans la rubrique « le cours en perspective » c'est-à-dire mettre en gras l'essentiel pour inciter l'élève à construire son propre paragraphe.

Enfin, les schémas nommés improprement des croquis ! Tout d'abord, page 197, on lit : « insérer un croquis dans la composition » et à la ligne en dessous : » On peut commencer la 2e partie par le schéma suivant […] » ! Comment un élève lambda peut-il s'y retrouver ?

Et, page 203, les auteurs proposent deux croquis (d'après leur terminologie) sur la Russie à intégrer à la composition. Il s'agit de deux ellipses. Outre le fait que l'élève aura quelques difficultés à dessiner une ellipse le jour du bac, Roger Brunet lui-même, dans le mappemonde n° 74/2004, en réponse à un article de Patrick Poncet présentant l'Australie sous une forme ellipsoïdale écrivait : « D'une erreur commune à propos de cartes et de modèles ». Nous pouvons y lire : « En matière pédagogique (ou plus généralement de communication), j'y vois même un grave danger potentiel pour les élèves et les étudiants : se satisfaire d'une forme grossièrement simplifiée pour y coller de vagues données elles-mêmes simplifiées et mémorisées provisoirement et sans principes ni ordres de grandeur ».

Troisième partie de l'ouvrage « Les outils du géographe »

Cette dernière partie présente les 8 principaux outils du géographe. C'est un classique dans le genre. Il faut signaler que la présentation est soignée et certainement pas inutile pour des candidats au bac. On regrettera simplement le décalage des exemples présentés avec les cours ou les études de documents proposés. Il aurait été judicieux de prévoir davantage d'études de documents (il n'y en a que deux) ; de diversifier les documents de manière à couvrir l'ensemble des 8 outils et enfin, de proposer en analyse d'outil un des documents présents dans des études.

En conclusion, on peut dire que le concept même de cet ouvrage est pertinent et répond, à n'en pas douter, à une attente. En revanche les maladresses évoquées tout au long de ce compte-rendu irritent le « connaisseur » et peuvent conduire l'élève en erreur. Et c'est bien dommage…

Publié sur : http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article2170